Première synthèse des résultats d’enquête
Présentée à la journée AO de l’ISCC
TPS : Tic & Petites entreprises aux Suds est un projet soutenu par l’IRD & l’Institut des sciences de la communication du CNRS.
Rappel des objectifs
L’objectif de l’enquête est d’étudier la place des TIC (informatique, internet, téléphone mobile) dans l’activité des petites entreprises et de tenter de percevoir les transformations en cours dans leur organisation comme dans leurs relations avec leur environnement d’affaire (clients, fournisseurs, État et autres partenaires professionnels).
Parmi les questions :
les TIC peuvent elles être considérées comme un outil organisationnel porteur de modernisation ?
Comment cohabitent les moyens utilisés selon le contexte et selon les relations avec les clients, les fournisseurs, et l’Administration ?
Quelle est la place de la formation dans le recours à ces outils ?
Equipe, Partenariat
Au niveau institutionnel, le projet TPS associe l’IRD, l’ISCC/CNRS et le département de sociologie de l’Université de Ouagadougou. Il mobilise une équipe de trois chercheurs français en information et communication : Brigitte Guyot (MC HDR, INTD - CNAM), Michel Durampart (MC HDR, ISCC/Université Paris XIII), Pascal Renaud (IRD/UR105).
A laquelle s’est associée une équipe de sociologues de l’Université de Ouagadougou, sous la direction du Dr. Siaka OUATTARA. Il s’agit de MM Modeste IDO, Tilado KORGHO, Denis IDO, Cyrille KERE et Hamidou SANFO.
Méthodologie
Une enquête auprès de 120 entreprises de Ouagadougou a été menée en septembre 2008. Le questionnaires rempli par les enquêteurs ou directement par l’entreprise. Il comprend quatre pages de questions fermées et semi-ouvertes portant sur la perception par l’entreprise de l’importance des TIC dans son activité.
116 questionnaires ont été retenus et sont analysés ici. Il concernent 116 PME du secteur du commerce et des services (équipement, relations aux clients, aux administrations, formation).
Les limites de la représentativité de l’échantillon
Après un premier essai infructueux, il a fallu renoncer au tirage aléatoire des entreprises pour plusieurs raisons dont la principale est la méfiance de responsables qui vivent souvent dans la crainte de contrôles fiscaux ou parafiscaux. L’échantillon est donc lié au réseau de relation des cinq enquêteurs, étudiants en master de sociologie à l’université. Ces derniers, conscient des inévitables biais statistiques ont cependant tenté d’équilibrer au mieux l’échantillon.
Caractéristique des entreprises
Secteurs d’activités
commerce et détails : (23),
Hôtels restaurants (13),
réparation mécanique, garage (11)
informatique et télécoms (10) ;
bureaux d’étude (12)
production et transformation bois métaux (12)
Transports (6)
| La personne qui répond aux questions | |
|---|---|
| propriétaire | 27 |
| gérant | 35 |
| directeur | 17 |
| chef | 9 |
| autre | 20 |
Nombre de salariés dans l’entreprise

L’équipement informatique des PME
69 PME sur les 116 de l’échantillon, sont équipées d’un ordinateur fixe. Celles-ci se répartissent à peu près également en trois tiers. 1/3 sont équipé depuis leur création ou depuis plus de cinq ans, le deuxième tiers depuis plus d’un an, le reste vient de s’équiper d’un ordinateur.
Leur principale motivation d’équipement est la sécurisation des données de gestion, d’administration et de comptabilité (sauvegarde, confidentialité).
Les entreprises non équipées, considèrent l’ordinateur comme inutile pour leur activité et avance le coût trop élevé et le manque de personnel qualifié.
l’internet
43 entreprises sur 116 ont accès à l’internet (dont 36 sur le lieu de l’activité, et 7 au domicile du patron)
Certaines d’entre-elles fréquentent encore un cybercafé afin de limiter les coûts de connexion.
tandis que les PME non équipées ne fréquentent que très peu les télé-centres (4).
Les usages de l’ordinateur
le courrier (40%)
la recherche d’informations (30%) notamment sur les autres entreprises (20%)
les réponses aux appels d’offres
Les relations avec la clientèle
Celle-ci est constituée de particuliers (102), de PME (62), de grandes entreprises (43), d’associations (46), d’administrations ;
Les clients sont localisés dans le quartier où est située l’entreprise (97) ; dans un autre quartier de Ouagadougou (103) ; dans une autre ville du Burkina Faso (57) ; en Afrique de l’Ouest (35) ou à l’étranger (28)
Comment s’établissent elles ?
Rencontre (86) « les clients viennent » (pour voir, se renseigner, pour consommer ) ;
Téléphone (73), ils appellent « pour payer, pour commander, réserver »
Fax 12 ; Courrier écrit 25 ; courrier électronique 24 ;
Le mode oral est « plus direct », « efficace » pour « fidéliser » et « entretenir » le client, « répondre à ses questions », « expliquer » « convaincre », « rassurer », « échanger », le « satisfaire » et « répondre à ses attentes » ; c’est « une garantie de confiance ».
Plusieurs disent « c’est l’habitude ici », « ce sont les clients qui préfèrent ainsi » ou encore « ce sont les seuls moyens dont nous disposons ».
Les relations avec les fournisseurs
Ceux-ci sont situés : dans le même quartier (42) ; dans autre quartier de Ouagadougou (78), dans une autre ville (27), en Afrique de l’Ouest (20) ; à l’étranger (30).
Comment s’établissent elles ?
Rencontre (89) ;
tél (77) ;
fax (8) ;
courrier classique (20) ;
courrier électronique (20),
directement sur site (13)
Relations avec l’Administration
Ici le déplacement est la règle, pour « contrôler la situation », « éviter les malentendus » parce que « quand ils se déplacent, ce n’est pas bon signe »
Formation à l’informatique
Ils sont 51 à indiquer avoir bénéficier d’une formation (parmi lesquels 10 sont issus d’une filière de formation à l’informatique, 12 ont reçu une formation à l’informatique dans le cadre d’un autre cursus ou dans le cadre d’un stage de formation continue).
Ils sont 37 à se dirent "non formés" (ils n’ont pas le temps). Enfin, ils sont 19 à s’être formés seuls (dont 5 avec un ami, au cybercafé)
A la question : "qui serait le plus à même d’assurer une formation ?", Ils citent les amis (30), les partenaires (31) dont les partenaires commerciaux et surtout l’État (24), les associations (12). L’État leur apparaît le plus légitime. Il est associé à l’opérateur de télécommunication à qui ils demandent d’abaisser les coûts de communication et faire baisser les taxes des ordinateurs... Les amis sont aussi mis à contribution.
Que pensent-ils de l’internet ?
L’informatique et l’internet sont généralement considérés comme « indispensable, important, souhaitable » parce que cela rend les choses faciles (23), rapide (16) et pratique que c’est fiable (7) et que ça fait gagner du temps (4).
C’est utile pour :
sauvegarder (10) et enregistrer les données,
présenter ses services (10),
s’informer sur ceux des autres (14),
vendre (2)
Ça permet de « mieux travailler », de « mieux organiser son travail (23) et sa gestion (12) » ; « d’établir des communications » (22) avec les partenaires (3) et les clients (13) ; d’être « en relation avec le monde », l’étranger, « l’extérieur » (20). Cependant que quatre d’entres eux n’hésitent pas à refuser une technologie dont ils n’ont « pas besoin ».
Pour développer l’activité de l’entreprise diriez-vous que l’informatique est ?
| inutile | 7 |
| souhaitable | 18 |
| important | 42 |
| indispensable | 46 |
Et que l’internet est :
| inutile | 9 |
| souhaitable | 26 |
| important | 42 |
| indispensable | 35 |
Premières conclusions
Le rôle des relais : l’informatisation comme l’accès au Net s’appuie sur les réseaux de proximité (compétence dans la famille, incitation des réseaux professionnels...). Il est encouragé par le discours des médias et des "courtiers en développement" sur la société de l’information et motivé par l’espoir de gains de productivité (réduction des coûts de gestion). Les économies de déplacements réalisées grâce à la généralisation des téléphones mobiles encouragent les entreprises à poursuivre leur équipement en TIC.
Les relations en ligne, tant vers les clients que vers les fournisseurs et les partenaires institutionnels sont, pour le moment, très limitées. Elles ne formatent pas la vie économique et n’agissent pas encore comme vecteur de standardisation. En revanche, l’utilisation de logiciels de gestion conduit les entreprises à s’adapter aux normes internationales et à réduire leur part "informelle".
L’informatisation et l’accès au Web se fait progressivement au rythme de l’économie locale, par opportunités, par nécessité, quand l’entreprise grandit ou se localise. La logique de modernisation conduit de la téléphonie mobile à l’internet.

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