TIC et developpement impression TIC & Développement
La revue électronique

Le projet RIO : Innovation en Coopération

Pascal Renaud - 25 août 2006

RÉSUMÉ : Entre 1989 et 1995, l’Orstom, Institut français de recherche pour le développement en coopération, a introduit les premiers services Internet et notamment le courrier électronique, dans une dizaine de pays d’Afrique au Sud du Sahara : Sénégal, Mali, Niger, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Congo, Togo, Madagascar, Cameroun, Congo, Guinée. Ce projet baptisé RIO – ou RIOnet dans les documents anglophone – a fait de l’Orstom, un opérateur d’innovation technologique dans un domaine inattendu, celui de l’informatique et des réseaux (le domaine rio.net a été attribué au projet RIOnet par Jon Postel).

Ce projet est le résultat d’une association étroite entre ingénieurs français et africains autour d’objectifs simples. Il s’agissait d’une part, de mettre à la disposition des équipes du Sud, des moyens informatiques équivalents à ceux qui étaient déployés au Nord. Il s’agissait d’autre part, de mettre en oeuvre l’interconnexion de ces ordinateurs entre eux et avec ce qu’on appelait « les réseaux mondiaux de la recherche » qui donneront naissance à l’Internet.

Le déploiement du réseau informatique de l’Orstom commence en 1989 à Dakar. Le premier serveur est installé au Centre sénégalais de recherche océanographique. En 1990 et 1991, d’autres serveurs entrent en fonction à Ouagadougou, Lomé, Bamako, Niamey... Le réseau va être sollicité par les chercheurs des autres organismes, notamment du CIRAD, de l’Institut Pasteur, d’établissements universitaires et d’ONG. En 1995, lorsque l’Internet sort de son confinement universitaire, le projet RIO associe plus de 100 établissements dans quinze pays d’Afrique.

Avant se s’éclipser au profit des structures nationales, le projet aura été confronté aux problèmes d’infrastructure, de formation comme aux questions politiques et juridiques posées par Internet. Innovant dans son approche de la coopération, il aura notamment montré qu’il était possible pour les pays les moins avancés, d’acquérir un savoir-faire de pointe alors que celui-ci est encore en cours d’appropriation dans les métropoles technologiques.

MOT-CLÉS  : Internet, TIC et développement, coopération internationale, innovation, acquisition des savoirs, renforcement des capacités.

Introduction

En tant que principal acteur du projet RIO, l’auteur n’est pas le mieux placé pour en faire une évaluation objective. Ce texte n’en est pas une et prend délibérément le risque de la subjectivité. Il retrace l’histoire du projet pour mettre en évidence ses aspects originaux et tenter d’apprécier sa contribution au développement de l’Internet en Afrique.

Le contexte : l’Orstom [1], Institut de recherche scientifique, travaille dans une trentaine de pays de la zone tropicale dont la moitié en Afrique. Près de 1500 chercheurs, ingénieurs et techniciens sont répartis dans une centaine de laboratoires sans autre moyen de communication que le courrier postal ou le téléphone qui reste très onéreux. Si quelques ordinateurs sont utilisés pour le calcul scientifique et l’enregistrement de données, deux semaines sont nécessaires pour acheminer les données d’Abidjan vers Paris. Il n’y a pas encore de télécopie et les messages urgents sont envoyés par télex. Enfin le service DHL, très coûteux, ne garantit pas intégrité des disquettes trop sensibles aux champs magnétiques.

Nous sommes en 1986. Pour l’essentiel, l’informatique repose encore sur d’énormes machines, jalousement protégées dans des centres de calcul climatisés. Ces précieux ordinateurs qui coûtent des centaines de milliers de dollars et occupent des sous-sols entiers font la fierté de leurs établissements. IBM règne encore en maître avec près de 70% du marché et une technologie des plus performantes.

Les micro-ordinateurs commencent à se diffuser notamment dans les milieux académiques. Ils restent assez lents (2 à 8 Mhz) et sont déconsidérés par les « professionnels de l’informatique [2] » qui ne voit dans ces petites machines que des gadgets pour bricoleurs. Enfin, quelques illuminés s’intéressent aux réseaux de communication électronique. Ceux-ci portent de curieux acronymes terminés par net : ARPAnet, BITnet, UUnet, Fidonet... Internet.

Les premiers réseaux internationaux d’ordinateurs

Parmi les ancêtres de l’Internet, ARPAnet [3] a acquis sa célébrité médiatique grâce à son financement militaire. Mais ce n’est ni le seul, ni même le principal projet de ce type. Le plus important réseau des années 80 est sans conteste Bitnet [4]. C’est le premier des grands réseaux intercontinentaux de messagerie et d’échange de données destiné aux chercheurs. C’est aussi le premier à s’étendre en Afrique, nous y reviendrons.

Créé par IBM, Bitnet, utilise une technologie propriétaire [5]. Son succès est du à une astucieuse politique de marketing. La compagnie proposait aux universités équipées d’IBM, de financer totalement ou partiellement, une ligne spécialisée vers un autre établissement, lui-même équipé d’IBM. Ainsi, de proche en proche, l’ensemble des grands centres de calcul universitaires était interconnecté. On reconnaît là l’habileté légendaire de la firme qui va tirer le meilleur parti de ce que les économistes appellent l’effet réseau (CASTEL, 1998). Ce deal proposé aux universitaires était d’autant plus alléchant que les lignes spécialisées étaient d’un coût très élevé pour ces établissements et que leurs autorités de tutelle étaient encore bien loin d’avoir pris conscience des enjeux.

Bitnet s’est vite étendu à tous les grands centres de calcul américains, puis européens. La branche européenne, nommée EARN [6], associait les principaux pôles universitaires d’Europe occidentale. En 1988, BitNet et EARN comptaient près de 3000 noeuds dans 40 pays et des dizaines de milliers d’utilisateurs (Tracy Lynn LaQuey, 1988). C’est dans le cadre du réseau EARN qu’a été tenté une des toutes premières expériences d’interconnexion d’ordinateurs avec le Sud du Sahara.

EARN à Abidjan

En 1988, le centre de calcul inter-universitaire de Montpellier (CNUSC [7]) met en place, avec l’appui de la Coopération française, une liaison spécialisée vers le Ministère de l’Éducation nationale de Côte d’Ivoire. Situé à Abidjan, il dispose de puissants ordinateurs IBM. Une équipe du CNUSC installe EARN et notamment la messagerie électronique sur une machine de ce centre de calcul situé sur le « Plateau », en plein centre ville. Tandis que des consoles IBM sont à la disposition des enseignants et chercheurs…
Est-ce trop tôt ? Est-ce l’absence de chercheurs à proximité du nœud EARN ou la complexité des consoles IBM 3270 ? Toujours est-il que les utilisateurs ne sont pas au rendez-vous. Après avoir financé au prix fort, deux ans de liaison intercontinentale, le bailleur de fonds doit constater que le dispositif n’est utile qu’à une poigné d’expatriés. Les difficultés rencontrés dans cette toute première expérience révèlent la complexité de ce type projet qui entrecroise des aspects techniques, des questions économiques et doit s’inscrire dans environnement social difficile à décrypter.

La naissance du projet

Le projet RIO prend naissance en 1986 lorsque l’Orstom qui traverse une profonde réforme, décide de redéfinir sa stratégie informatique. Un nouveau schéma directeur est élaboré. Ce dernier considère que l’ordinateur n’est pas seulement un outil de traitement de données mais un « instrument efficace pour développer la communication, la collaboration entre les équipes de recherche et diffuser rapidement l’information dans l’Institut ». Il recommande la mise en place d’une «  infrastructure informatique  » basée sur un modèle décentralisé et reposant sur « l’interconnexion de réseaux  » (RENAUD, 1986).

Le déploiement du schéma directeur commencera en 1987, les principales implantations de l’institut vont être câblées en « Ethernet [8] ». Les micro-ordinateurs des chercheurs (IBM-PC, Macintosh et autre) seront interconnectés et reliés à des « serveurs Unix » de marque « Sun Microsystems » qui vont assurer l’interconnexion et fournir une puissance de calcul de réserve. Le même modèle est proposé au Nord et au Sud. Les laboratoires africains doivent bénéficier à terme, d’un équipement équivalent et s’intégrer dans le même réseau.

Une équipe réseau est constituée. Elle sera basée à Montpellier. Dans un premier temps, elle se concentrera sur la mise au point de la liaison entre les centres Orstom de France métropolitaine (notamment la liaison entre la région parisienne et Montpellier). Une fois la technologie maîtrisée elle s’attaquera à l’interconnexion de ce réseau avec les centres africains.

Le premier service de courriel est installé à Montpellier en 1987. Ce n’est encore qu’une maquette du dispositif à construire. Il est destinée à évaluer la demande et fonctionne sur le mode « terminal distant [9] ». Malgré son raccordement à Transpac [10], le système reste trop coûteux pour être utilisé de manière systématique à partir de l’Afrique.

En quelques mois une centaine de chercheurs s’abonnent à cette messagerie électronique pourtant limitée au trafic interne et manquant totalement d’ergonomie… Ces résultats vont encourager l’équipe réseau à transformer l’essai et à étendre le service de messagerie à toutes les implantations de l’Institut. Mais une chose est d’installer un serveur accessible à travers des terminaux, autre chose est de faire communiquer plusieurs serveurs afin qu’ils s’échangent les messages et les distribuent à la manière des bureaux de poste. Peu de spécialistes savaient mettre en place de tels réseaux de distribution de courrier électronique. Si la technique est assez bien maîtrisée sur BITNET/EARN avec des technologies propriétaires et des liaisons « spécialisées  », c’est-à-dire réservé à ce seul usage. Le contexte des réseaux hétérogènes et des liaisons « commutées », c’est-à-dire partagées entre de nombreux utilisateurs dans le cadre d’un service public » est plus expérimental. Ce sera celui de l’Orstom. Il n’est pas pensable pour l’Institut de louer à France Telecom des lignes entre la France et l’Afrique. Le réseau devra s’accommoder des infrastructures disponibles localement : les lignes téléphoniques ou les services de données qui commencent à se déployer en Afrique.

L’INRIA [11] et l’AFUU [12] vont apporter leur concours et aider les ingénieurs de l’Orstom à percer les secrets des réseaux Unix. Après quelques semaines de tâtonnement, le courrier circulera entre les serveurs de l’Institut. Et peu de temps après, grâce à un accord avec l’INRIA et Fnet/Eunet, le réseau de l’Orstom sera interconnecté avec l’ensemble des réseaux ouverts : UUCP, Fnet/Eunet, NSFnet, EARN/Bitnet… Tous ces Net qui vont peu à peu se fédérer dans l’Internet.

Première étape : le Réseau informatique de l’Orstom

Une fois l’environnement technique maîtrisé, Le projet va pouvoir s’affronter à son défit principal : relier l’Afrique aux réseaux de la communauté scientifique internationale. C’est à ce moment là qu’il prend le nom de « Rio », symbole de communication et acronyme de Réseau informatique de l’Orstom.

Dakar sera choisi pour la première expérience intercontinentale. L’Orstom y est associé à l’ISRA, l’Institut sénégalais de recherche agronomique, qui dispose d’une solide expérience en l’informatique, gère un Bull Mini 6 et un IBM 4331 [13]. En fin 1988, Hervé Chevillotte, ingénieur réseau chevronné, est envoyé sur place pour coordonner l’opération. Il installe une première « station Sun 3  » au Centre de recherche océanographique de Tiaroye et une autre au centre Orstom de Hann puis met en place des réseaux locaux, forme les utilisateurs et commence les tests d’interconnexion.

Les premiers essais réalisés sur une liaison par modem ne sont guère concluants. Heureusement, l’ouverture prochaine d’un service sénégalais de transmission de données [14] va régler ce problème, le réseau peut démarrer. Dès sa mise en service, les chercheurs vont se précipiter sur la messagerie, plébiscitant de fait ce nouveau média. Les plus enthousiastes sont les océanographes et notamment les spécialistes de la pêche thonière qui collaborent avec des équipes scientifiques situés aux quatre coins de l’Océan.

Le succès rencontré à Dakar va permettre d’étendre rapidement le réseau. En 1989 et 1990, des serveurs sont installés à Lomé, Bamako, Brazzaville, Nouméa, et Cayenne. Lorsque en juin 1991, Larry Landweber et Vin Cerf ouvrent à Copenhague le premier congrès de l’Internet Society, L’Orstom fait savoir que contrairement à ce qui est indiqué dans les documents de la conférence, l’Afrique est déjà sur Internet.

Deuxième étape : le Réseau Intertropical d’Ordinateur

En fin 1991, plus de cent postes d’accès au réseau sont en service. RIO couvre déjà huit pays : le Sénégal, le Togo, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali et le Congo (Brazzaville), sans compter les sites de Nouvelle Calédonie, des Antilles et de Guyane française (RENAUD, 1992). A la suite d’articles publiés dans la presse spécialisée, le bruit se répand dans les milieux de la recherche et de la coopération internationale que l’Orstom dispose d’accès au courrier électronique à partir de l’Afrique. Des chercheurs d’autres organismes, des universitaires et des membres d’ONG, prennent contact avec les représentants locaux de l’Institut pour en bénéficier.

Cette demande externe qui va croître rapidement, suscite quelques remous dans l’organisme. Certains craignent que RIO ampute leurs ressources informatiques. Tandis que d’autres considèrent que l’ouverture du réseau est l’occasion de développer de nouvelles collaborations. Le projet doit-il se contenter de répondre à la demande des seuls chercheurs hébergés par l’Institut ou collaborant directement avec ses programmes ? Ou bien, se considérant comme le premier maillon d’un projet plus vaste, doit-il contribuer à faire connaître Internet en Afrique ? Il s’agit d’un choix stratégique pour le projet. Et ce choix engage aussi l’Institut qui craint d’être accusé de « coopération de substitution » et s’inquiète à juste titre des incidences financières.

L’Orstom décide finalement de répondre à cette demande sociale. Le projet sera réorienté en conséquence. Une charte est établie par laquelle les utilisateurs deviennent des partenaires. Elle fixe les règles déontologiques d’utilisation des services et de partage des coûts. Le financement du réseau sera assuré par les contributions des utilisateurs, chercheurs de l’Orstom où ressortissant des autres organismes signataires de la charte. Un logiciel de facturation est développé pour calculer la part de chaque utilisateur. Ces nouvelles règles ne manqueront pas de soulever les protestations de quelques esprits chagrins mais elles seront finalement adoptées et respectée parce que le courriel est déjà devenu indispensable, constitue un gage d’efficacité et un important facteur d’économie pour les programmes de recherche.

C’est ainsi que de projet d’équipement qu’il était, RIO devient un programme de coopération internationale (RENAUD, 1994). Le nom du projet est adapté à cette nouvelle orientation qui fait de RIO, un réseau partagé. Il s’appellera dorénavant « Réseau Intertropical d’ordinateurs », gardant cet acronyme qui fait maintenant référence à la ville qui va héberger le premier sommet du développement durable.

Une centaine d’organismes signeront la charte [15]. Il s’agit d’ONG de coopération internationale (notamment le GRET, le CIRAD, la FPH, le BDPA, ENDA-TM, OxFam…), de groupes de recherche locaux (programme de l’OMS, du CRDI, de la Coopération française…) et de nombreux organismes publics (notamment des bureaux des Ministères de l’Éducation nationale, de la recherche ou de la santé).

Le Sommet de Rio

Nous sommes toujours en 1991. La communauté internationale prépare la première Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), c’est-à-dire le « Sommet de Rio ». Pour la première fois, les ONG sont associées à un Sommet de l’ONU. Carlos Afonso, animateur d’une association brésilienne, IBASE [16], a convaincu Maurice F. Strong, secrétaire général du Sommet, de diffuser les textes préparatoires à la conférence, par courrier électronique. Il propose à RIO, qui s’en félicite, d’être le partenaire africain de cette initiative.

L’opération est baptisée «  RIO à Rio ». Une campagne de communication est lancée auprès des ONG africaines, des Ministères de l’Environnement et des Affaires étrangères du continent. Les candidats à cette conférence de Rio électronique sont invités à s’inscrire, ils recevront les documents dans des boites aux lettres électroniques mise à leur disposition. Ceux qui ne possèdent pas d’accès au réseau, c’est-à-dire presque tous, sont invités à se rendre dans les centres de l’Orstom. Ils pourront non seulement lire et imprimer les textes mais rédiger leurs commentaires et les expédier par courriel aux délégués de leur pays ou de leur ONG.

Pour la première fois, l’information diplomatique sera largement disponible, sur tous les continents et à peu près au même moment. Cette entrée des réseaux électroniques dans la politique internationale est une innovation majeure qui est loin d’avoir livré toutes ses conséquences.

Troisième étape : La construction du cyberespace africain

Revenons au projet. Après la publication de la charte et la participation au Sommet de la Terre, les adhésions se multiplient et le réseau prend une nouvelle dimension. Le succès Internet, la croissance de la demande, tout indique qu’il ne sera pas possible pour l’Orstom de jouer encore longtemps le rôle d’opérateur de télécommunication. La question qui est maintenant posée, c’est celle de savoir comment passer d’un réseau ouvert mais piloté par l’Orstom, à un réseau africain durable ? C’est-à-dire, comment poser les bases d’un réseau de la recherche et de l’éducation, comme RENATER [17] en France ou RNRT en Tunisie. Le projet RIO doit à nouveau être repensé et réorienté afin d’éviter l’écueil de la coopération de substitution et de transmettre son savoir-faire aux équipes locales.

Un nouveau partenariat est alors proposé aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche, en commençant par ceux qui disposent du meilleur niveau de compétence en informatique. Il est proposé à ces partenaires de RIO de devenir les points focaux de la construction d’Internet et de coordonner la prise en main progressive du réseau par leur structure. Cette dynamique de réappropriation doit aboutir à la mise en place de structures nationales et permettre le retrait progressif de l’Orstom qui deviendra à terme, un simple client d’un l’opérateur local.

Pour bien marquer cette volonté d’africaniser le réseau, les points focaux sont incités à enregistrer leur « code pays [18] » et à constituer une association locale qui gérera ce nouvel espace. Le domaine national, indiqué par les deux lettres finales des adresses électroniques, symbolise l’appartenance géographique du titulaire. Son ouverture sanctionne une appropriation du cyberespace. Dans le réseau Rio, les adresses n’étaient pas « localisée ». Dans la première période, celle du réseau de l’Orstom, les adresses sont rattachés au domaine français : dakar.orstom.fr, ouaga.orstom.fr… Puis avec le partenariat et la charte RIO, elles sont « décolonisés » : dakar.rio.net, ouaga.rio.net, abidjan.rio.net, yaoundé.rio.net… marquant l’appartenance de ces serveurs à un réseau international. Cette troisième période, d’appropriation nationale, se devait de restituer aux adresses électroniques leurs attributs nationaux.

L’ouverture du domaine national, son enregistrement sur « Internic », la base de données des noms de domaine [19], est encore aujourd’hui une étape importante dans l’appropriation politique de l’Internet. Une preuve récente en a été donnée par la querelle du domaine EU. Cet indicatif européen dont les autorités américaines ont systématiquement retardé l’enregistrement sous divers prétextes et qui n’est toujours pas opérationnel. On ne sera donc pas étonné d’apprendre que le premier point focal à s’enregistrer eut aussi quelques difficultés avec Internic. Tout s’est passé comme si cette organisme, a priori purement technique, auraient préféré que le premier domaine africain à s’enregistrer soit anglophone...

C’est l’ENSUT [20], grande école d’ingénieurs de l’Université de Dakar, qui sera le premier candidat à la reprise du réseau. Alex Corenthin et Tidiane Seck, piloteront cette dynamique qui va aboutir à la construction du réseau sénégalais. Deux serveurs Unix sont installés dans les locaux de l’Université. Le 19 mars 1993, Internic enregistre le domaine SN. Le troisième pays africain à s’enregistrer dans le cyberespace après l’Afrique du Sud en 1990 et la Tunisie en 1991. Une association, le NIC-SN [21], va être créée pour gérer cet espace de noms. Le NIC-SN est toujours en charge de la gestion du domaine SN et joue un rôle important dans la promotion des TIC aux Sénégal, préservant l’équité et l’indépendance de l’Internet. Cette première association d’internautes a donné naissance à d’autres entités, plus orientés vers la réflexion politique et sociale. Il s’agit notamment de l’ISOC-SN [22], puis d’OSIRIS [23], une des associations d’utilisateurs des TIC les plus influentes d’Afrique subsaharienne.

Dans le même temps, au Burkina Faso, l’ESI, toute nouvelle « École supérieure d’Informatique », s’engage sur la même voie à l’initiative de son directeur, Joachim Tankoano. Le domaine BF est ouvert le 29 mars 1993. Il est tout d’abord géré par l’école avec les moyens du bord, puis confié à la Délégation générale à l’informatique [24] et finalement à l’ONATEL, opérateur historique de télécommunication.

Six mois après le Sénégal et le Burkina Faso, c’est le tour du Mali. Le domaine ML est enregistré le 29 septembre 1993. Il sera géré par le CNRST [25]. Moins d’un an plus tard, la société Bintta de Bamako recrute un jeune ingénieur formé par l’Orstom et lance « Malinet » qui est le premier opérateur Internet privé au Mali. Eric Stevance, l’artisan de Malinet, ouvrira quelques années après, toujours à Bamako, sa propre société, AFRIBONE [26] devenue un des principaux fournisseurs d’accès Internet du pays.
Au Cameroun, l’École polytechnique [27], à l’initiative d’Emmanuel Tonyé va ouvrir dès 1993, un service de email à destination des établissements publics et privés. Mais les rivalités d’influence retarderont la création du domaine CM qui ne sera enregistré qu’en avril 1995 par… l’Union international des télécommunications pour être ensuite transféré à l’opérateur historique, IntelCam et sa filiale Camnet [28].

A Madagascar, une association, le NIC-MG [29] va gérer le domaine MG enregistré en 1995. Cette association toujours active, joue encore un rôle important dans le développement d’Internet à Madagascar.

Peu à peu, tous les pays concernés par le projet RIO vont enregistrer leur domaine et définir des modalités de gestion du réseau. Et c’est au Niger qu’éclatera le premier conflit africain de nom de domaine. Un opérateur commercial se voyant refuser le nom « Internet.ne », porte l’affaire devant l’Internic. Jon Postel [30] tranchera, en se référant à un précédent concernant email.com. Email et Internet désignent des biens communs qu’un utilisateur privé ne saurait s’approprier.

Si la prise en main administrative avance, la construction pratique du réseau africain exige des compétences techniques qui font encore cruellement défaut. L’équipe RIO va donc demander et obtenir le recrutement de jeunes ingénieurs africains. Ils seront six à être embauchés par les principales implantations de l’Orstom : Dakar, Ouagadougou, Bamako, Niamey, Abidjan et Madagascar. Ils recevront une formation spécifique et auront notamment pour mission d’appuyer les points focaux du réseau.

Ces nouveaux collègues de l’équipe RIOse mnreront particulièrement motivés par l’aventure des réseaux. Ils seront des intermédiaires efficaces entre l’Orstom et les organismes locaux. Leur contribution à la construction de réseaux Internet nationaux aura été essentielle. Confrontés à la gestion quotidienne d’un parc d’ordinateurs et d’un réseau, ils vont devenir parmi les spécialistes africains d’Internet les plus aguerris. Plusieurs d’entre eux seront débauchés par des grandes firmes [31] ou des organisations internationales, d’autres comme Sylvain Zongo [32], créeront leur propre entreprise.

En 1995, lorsque les opérateurs de télécoms commencent à proposer des services Internet au grand public, le projet RIO a quasiment terminé son transfert de compétence au profit des structures nationales. L’activité du projet qui va progressivement se réduire, se limitera à fournir de l’assistance technique aux opérateurs académiques et à organiser des stages de formation. La période des pionniers est maintenant révolue. L’US AID, La banque mondiale et le PNUD vont s’investir sur ce nouveau créneau (Renaud, P, 2005).

Rio, Rinaf et Refer

RIO n’est pas le seul projet NTIC des années 80-90 en Afrique ou même en Francophonie. Nous avons déjà évoqué la tentative du CNUSC d’installer EARN en Côté d’Ivoire en 1988. Deux autres projets sont remarquables.
RINAF, Regional Informatics Network for Africa (Jensen 98, Abba 98), est lancé en 1992, grâce à une contribution exceptionnelle de l’Italie au programme PII de l’UNESCO. Il empruntera la voie très diplomatique de la logique multilatérale, s’attachant surtout à sensibiliser les autorités et à définir des concertations sous-régionales. S’il n’a pas permis de développer les infrastructures d’accès comme c’était son ambition, il réussit cependant à faire naître, sur une échelle continentale de 41 pays, un réseau de spécialistes sur lequel s’appuie actuellement le nouveau programme de l’UNESCO « Information pour tous ». RINAF est le premier grand projet de sensibilisation des responsables politiques africains.

REFER, Réseau francophone de l’enseignement et de la recherche, a été mené à partir de 1993, par l’organe universitaire de la Francophonie. REFER a pris le relais du projet SYFED qui consistait à mettre des salles d’ordinateurs et des Minitels à la disposition des universitaires afin qu’ils aient accès aux bases de données francophones. Le dispositif cofinancé par la France (Ministère de la Coopération) et la Francophonie s’est étendu à la plupart des universités d’Afrique francophone. A partir de 1995, le projet s’est investi dans le développement de contenus francophones. Les centres REFER toujours en service, s’appellent maintenant « Campus numériques francophones ».

RIO, REFER et RINAF ont sans aucun doute joué un rôle complémentaire. En effet, si on peut regretter l’insuffisance de concertation entre ces trois projets, notamment en ce qui concerne les deux projets financés par la France. Force est de constater qu’ils ont travaillé « en bonne intelligence », semblant opérer, nolens volens, un astucieux partage du travail. RINAF dans sa logique ONUsienne s’est concentré sur la sensibilisation des décideurs (ministres, recteurs…) tandis que RIO s’intéressait à la mise en service d’infrastructures et que REFER encourageait le développement de contenus francophones (Renaud P., 2004).

Quel bilan ?

Le premier résultat de RIO est d’avoir connecter très tôt la recherche Nord-Sud à Internet et donc d’avoir contribué à la rapprocher de la communauté scientifique internationale.

Le second est d’avoir, avec d’autres, notamment REFER (Francophonie) et RINAF (UNESCO), permis à l’Afrique de s’associer à une aventure technologique aux conséquences considérables. Et ce faisant, il a montré que l’introduction précoce d’une technologie de pointe dans les pays les "moins avancés" était possible et qu’elle était souhaitable. Qu’il était légitime que les pays en développement soient associés avec profit aux processus d’innovation et de recherche technologiques qui les concernent. Entre 1989 et 1995, Internet était encore une technologie expérimentale. Elle n’était pas totalement stabilisée sur le plan technique et peu de gens pariaient sur son avenir commercial. Et c’est cette technologie qui a été transféré en Afrique dans des pays assez ou très pauvres.

Cependant le transfert technologique opéré dans le cadre du projet est difficile à évaluer en termes économiques. Le succès indéniable d’Internet au Sénégal ne saurait lui être attribué. En revanche, dans ce pays, il existe une certaine filiation entre les acteurs du projet RIO et ceux qui aujourd’hui influencent ou même décident en matière de TIC. Ce qui a subsisté de ce projet informatique, ce n’est pas tant sa part technologique mais c’est sa part sociale. S’il ne reste rien des nombreuses astuces déployés par les ingénieurs pour s’accommoder des infrastructures bas débit, il subsiste une multitude de relations sociales qui relient les pionniers d’Internet, leurs élèves, leurs partenaires internationaux, d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs. Des associations ont été créées et certaines sont devenues très influentes. Les réseaux des pionniers d’Internet en Afrique des années 90, n’ont cessé de se renforcer avec l’accroissement des responsabilités de leurs membres. Et finalement, il est probable – je compte approfondir ce sujet – que, plus que tout autres facteurs, ce sont les réseaux humains développés autour du projet RIO, qui ont renforcé la capacité du Sénégal à s’approprier les TIC, lui ont permis d’aller à la fois plus vite et plus loin dans l’appropriation d’Internet.

Les conditions qui ont conduit à ces résultats sont multiples. Notons tout d’abord que le caractère original, innovant, « hight tech » du projet, a largement contribué à la motivation des chercheurs et ingénieurs engagés dans l’aventure et ceci tant pour les français que pour les africains.

Retenons aussi que l’équipe d’ingénieurs de l’Orstom qui a mené le projet, a joui d’une grande indépendance. Elle n’a subi de pression ni de la part de sa direction ni de celui des tutelles. Les technologies en jeux ne faisaient pas encore l’objet d’exploitation commerciale et la plupart des représentants d’agences de coopération ne connaissaient même pas l’existence d’Internet. C’est la raison principale pour laquelle RIO n’a pas bénéficié des largesses du Ministère de la Coopération. Mais c’est pour la même raison que le projet a pu se déployer sans subir de pressions politiques ou industrielles. Et qu’il a été conduit à rechercher des ressources auprès de ses propres utilisateurs et à s’engager ainsi dans une dynamique d’ouverture qui lui fut profitable.

Enfin, RIO n’a pas été mené selon les méthodes de gestion de projet, habituelles et considérées comme éprouvées. Alors que la plupart des projets informatiques comportent des procédures contraignantes dont les étapes contractuelles rendent toute réorientation fastidieuse et coûteuse, RIO a été conduit comme un projet de recherche. Tout a commencé par un état de l’art et l’identification de partenaires, tel que l’INRIA. Puis chaque opération a été l’occasion de réflexions, de publications (RENAUD, 1991, 1992, 1994) et d’échange avec des équipes étrangères (notamment californiennes). A chaque étape, l’évaluation des résultats a conduit à redéfinir les objectifs. A plusieurs reprises, le projet a du être réorienté. Il n’a cependant pas dévier de son objectif stratégique, faire de la diffusion de l’internet, un outil pour la construction de communautés des communautés scientifiques dans les pays en développement.


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Annexe : Organismes signataires de la Charte RIO

Organismes internationaux

CIRAD Centre International de Recherche en Agronomie pour le Développement
OSS Observatoire du Sahara et du Sahel
GRET ONG : Groupe de Recherches et d’Etudes Technologiques
FPH ONG : Fondation pour le Progrès de l’Homme,
UNITAR United Nations Institute for training And Research
FAO-SMIAR United Nations, Food and Agriculture Organization
IMEA Institut de Médecine et d’épidémiologie africaine (Paris)
AIRE Agence pour l’Investissement dans la Recherche à l’Etranger
MEDIAS Réseau de recherche régionale pour le bassin méditérranéen et l’Afrique Subtropicale
Banque Mondiale - Institut de développement économique (Washington)
BDPA-SCETAGRI
RENATER Réseau national de la technologie, de l’enseignement supérieur et de la recherche (France)
IBISCUS Réseau documentaire
ENDA-TIERS MONDE
OX-FAMILY UK

Sénégal

ISRA Institut Sénégalais de recherche Agricole (Dakar, Sénégal)
ENSUT Ecole Nationale Supérieur Universitaire de Technologie (Dakar, Sénégal)
UDAD Université C.A.D.de Dakar
MMET Ministère Sénégalais de la Modernisation
CSE Centre de Suivi Ecologique (Dakar)
CORAF Conférence des responsables de Recherche Agronomiques AFricains
PAN Agence Pan-africaine d’Information (Institution spécialisée de l’OUA)
M.E.N. Bureau d’Anglais du Min.Educ.Nationale
CCA Centre Culturel Américain de Dakar
WARC West African Research Center
FAO-EPC-RAF Amélioration du cadre juridique pour la coopération, l’aménagement et le développement des pêches en Afrique de l’Ouest
IP Institut Pasteur Dakar
Mali

ISFRA Institut supérieur de Formation et de Recherche Appliquée (Bamako)
INRSP Institut national de recherche en santé publique (Bamako)
CERPOD Centre d’étude et de recherche sur la population et le développement (Bamako)
OMS/OCP Programme de lutte contre l’Onchocercose de l’OMS
IER Institut d’économie rurale de Bamako
PNVA Programme national de valorisation agricole
AGETIP Agence d’exécution des travaux d’intérêt public pour l’emploi
CNRST Centre national de recherche scientifique et technique du Mali
IEP Institut d’éducation populaire - Kati
Burkina-Faso

ESI Ecole Supérieur d’Informatique (Ouagadougou)
ARTS Agriculture Research and Training Support project (Ouagadougou)
CECI Centre Canadien d’Etude et de Coopération Internationale (Ouagadougou)
ACDI Agence canadienne de développement international - Ambassade du Canada au Burkina-Faso
UERD Unité d’Etudes et de Recherches démographiques (Ouagadougou)
CEDRES Centre d’étude de documentation et de recherche économiques et sociale
PROMACO Projet de marketing social des condoms
Voisins Mondiaux - ONG
Save the children - Fondation pour le developpement Communautaire - Ouagadougou
ORODARA KALANSO
Protection des vegetaux - ONG
RSP-Ouest programme USAID/INERA
Cameroun

Université Yaoundé 2
ENSP Ecole Nationale Supérieure Polytechnique
OCCGE Organisme de Coopération et de Coordination pour la lutte contre les Grandes Endémies en Afrique centrale
Niger

SEAG Innovation et réseaux pour le développement (Niamey - Niger)
AGHRYMET AGro-HYdro-METeorological center
CERMES Centre de recherche sur les méningites et les Schistosomiases
IRG International Ressources Group Ltd, SARL conseil en gestion administrative et réformes institut.
UICN Union mondiale pour la nature
IRED Innovation et réseaux pour le développement
DAI Development Aternatives Inc ONG
Côte d’Ivoire

CNTIG Centre National de télédétection et d’Information Géographique
CRO Centre de Recherche Océanographique
ENSSEA Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée
IPR Institut de recherches médicales Pierre Richet (Bouaké)
OMS Station d’Odienné /Programme d’Onchocercose pour l’Afrique de l’Ouest
Madagascar

CIMAD Conservatoire international de Madagascar Antananarivo
CNRE-LRSAE Centre national de recherche sur l’environnement - Laboratoire de recherche sur les systèmes aquatique et leur environnement.
CIDST Centre d’information et de documentation scientifique et technique
MBG Missouri Botanica Garden, Madagascar Research and Conservation Program
CITE Centre d’information technique et économique
Togo

URD Unité de Recherche Démographique (Université du Bénin - Lomé - Togo)


[1] « Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre Mer », devenu « Institut de recherche pour le développement en coopération » puis IRD, Institut de Recherche pour le Développement depuis janvier 2000.

[2] Ces mêmes professionnels qui méprisent actuellement Linux et les logiciels libres et refusent le Wifi

[3] Advanced Research Projects Agency Network, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Arpanet :

[4] Because It’s Time Network

[5] On appelle technologie – ou logiciel – propriétaire, une technologie développée par une firme pour ses propres ordinateurs. Bitnet reposait sur la technologie IBM / SNA (CISCO, 2002)

[6] European Academic Research Network

[7] Centre national universitaire sud de calcul

[8] Ethernet, technologie développé par Xerox, devenue la norme générale des réseaux locaux. Elle était en 1987, une solution parmi d’autres. IBM préconisait un système propriétaire.

[9] Soit par Telnet (terminal network), soit par un accès modem sur le serveur de Montpellier, soit encore à travers Transpac.

[10] Transpac, filiale de France Télécom, était en 1987 le service national de transmission de données (norme X25). Transpac était notamment utilisé notamment par le réseau Minitel.

[11] Institut national de recherche en informatique et automatique, France

[12] Association française des utilisateurs d’Unix

[13] Pour l’histoire de cet ordinateur : http://www-03.ibm.com/ibm/history/e... mainframe_PP4331.html

[14] Baptisé Senpac cet homologue de Transpac se montrera d’une grande fiabilité

[15] La liste des organismes signataires est indiquée en annexe

[16] Instituto Brasileño de Análisis Sociales y Económicos, http://www.ibase.org.br

[17] Le Réseau National de Télécommunications pour la Technologie, l’Enseignement et la Recherche : www.renater.fr

[18] CC:TLD ou « Country Code : Top Level Domain ». Ce code pays, domaine de premier niveau, termine l’adresse électronique : FR pour la France, CA pour le canada…

[19] Actuellement géré par ICANN (Internet Corporation For Assigned Names and Numbers), la base de donnée était à l’époque sous la responsabilité directe du Département d’État américain.

[20] L’ENSUT (Ecole nationale supérieure universitaire de technologie) est maintenant intégrée dans l’Ecole supérieure Polytechnique (http://www.esp.sn)

[21] Network Information Center for SN Domaine, NIC est un acronyme générique utilisé par les organismes de gestion de « domaine pays ». NIC-FR gère le domaine FR, DENIC le domaine DE, etc.

[22] www.isoc.sn

[23] Observatoire sur les système d’information, les réseau et les inforoutes au Sénégal : www.osiris.sn.

[24] DelGi : www.delgi.gov.bf

[25] Centre national de la recherche scientifique et technique

[26] http://www.afribone.com

[27] ENSP : Ecole nationale supérieure polytechnique, Université de Yaoundé 2.

[28] www.camnet.cm

[29] http://www.nic.mg

[30] Jon Postel, éditeur des RFC a piloté la mise en place des noms de domaine puis dirigé l’organisme d’attribution des noms et des numéros, lire sa biographie sur http://en.wikipedia.org/wiki/Jon_Postel.

[31] Il s’agit notamment d’ICBM à Abidjan.

[32] La société ZCP est un des principaux fournisseurs d’accès Internet à Ouagadougou (http://www.zcp.bf).

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