TIC et developpement impression TIC & Développement
La revue électronique

Le Net et ses démons

Usages et appropriation des TIC par les jeunes ivoiriens : de l’espoir au désenchantement

Jean-Jacques Maomra BOGUI - 18 novembre 2009

Introduction

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Les télécommunications ont connu un développement important en Afrique ces dernières années notamment au niveau des infrastructures où les investissements ont atteint 8 milliards de dollars en 2005 contre 3,5 milliards en 2000 », révèle l’UIT [1]. Selon cette même organisation, l’Afrique est le marché où le mobile connaît la plus forte croissance au monde [2]. Internet connaît également un réel succès dans de très nombreux pays africains qui sont quasiment tous branchés et la progression des services est la plus importante qu’on ait jamais eu l’occasion d’observer pour aucune autre activité économique en Afrique [3] .

En Côte d’Ivoire, dans un souci de favoriser le développement de ce secteur au potentiel important, un ministère spécialement dédié aux NTIC [4] a été créé d’une part et d’autre part un schéma directeur stratégique des NTIC et de la mise en œuvre de ses principaux projets a été adopté par le gouvernement en 2002. On peut relever depuis lors la numérisation complète du réseau de télécommunications et la couverture du territoire national avec près de 2 000 kilomètres de fibre optique. Le nombre d’internautes est en perpétuel augmentation depuis au moins une décennie (environ 20 000 abonnés à Internet). Le secteur a généré des investissements cumulés de près de 1 000 milliards de FCFA (près d’un milliard et demie d’euros) sur les 10 dernières années.

Cependant, malgré la bonne santé de l’économie liée aux télécommunications et technologies de l’information et de la communication, le développement de l’usage d’Internet occasionne de nombreuses menaces sur le rayonnement économique du pays et son image à l’extérieur.

En effet, au début de l’année 2008 il a été constaté par les fournisseurs d’accès Internet (FAI) que le nombre de courriers électroniques indésirables (ou spams) dont l’objectif est d’escroquer le destinataire a atteint des proportions trop importantes. Devant la prolifération de ces courriels non sollicités disséminés à partir de la Côte d’Ivoire, de nombreux pays africains ont sollicité les autorités ivoiriennes afin que des mesures soient prises pour endiguer ou à défaut maîtriser le phénomène. La non résolution de ce problème pourrait avoir pour conséquence l’interdiction de l’accès à leurs sites aux internautes vivant en Côte d’Ivoire.

Nous souhaitons par le canal de notre article montrer l’ampleur des problèmes soulevé par le détournement des usages des TIC en Côte d’Ivoire et présenter les actions menées par l’agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI) [5] pour mettre fin ou du moins maîtriser la progression du phénomène de la cybercriminalité.

Notre démarche se structure en trois parties. Dans un premier temps nous présenterons le phénomène de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire. La seconde partie de notre communication sera consacrée à l’analyse des conséquences néfastes du développement de l’usage d’Internet dans ce pays. Enfin, dans la troisième et dernière partie de notre article nous présenterons les actions menées par l’ATCI pour lutter contre les cybercriminels.

1. La cybercriminalité en Côte d’Ivoire

Depuis quelques années le développement de l’usage d’Internet est assez impressionnant dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Plus aucun quartier d’Abidjan n’est laissé pour compte dans cette volonté d’inclusion numérique, les grandes villes de province également découvrent progressivement le Net. Les cybercafés ne sont plus ces endroits « étranges » réservés à une caste d’initiés. Tout le monde veut désormais être « connecté », avoir son adresse électronique, ses amis virtuels vivant souvent dans ces pays développés qui restent la référence absolue pour une jeunesse qui s’interroge sur son avenir au pays.

Graphique 1 : Évolution des utilisateurs de l’Internet de 1997- 2005 (Source : ATCI 2006)

Entre ces jeunes gens qui passent leurs journées devant l’ordinateur en quête de l’âme sœur et ces étudiants qui espèrent trouver une bourse d’étude ou une université pour poursuivre leurs études loin du pays, en occident de préférence, on trouve une autre catégorie d’individu pour qui l’usage d’Internet est devenu un nouveau moyen d’obtenir de l’argent facilement, sans trop d’effort, c’est le nouveau business à la mode : l’escroquerie via Internet également qualifié de cybercriminalité.
Le terme de cybercriminalité a été inventé à la fin des années 1990, au moment où Internet se répandait en Amérique du nord. Un sous-groupe des pays du G8 [6] fut formé suite à une réunion à Lyon, en France, afin d’étudier les nouveaux types de criminalité encouragés par, ou migrant vers, internet. Ce « groupe de Lyon » employait alors « cybercriminalité » pour décrire, de manière relativement vague, tous les types de délits perpétrés sur Internet ou les nouveaux réseaux de télécommunications dont le coût chutait rapidement [7]. Pour le ministère français de l’intérieur, la cybercriminalité c’est l’ensemble des infractions pénales qui se commettent sur le réseau Internet [8]. Il s’agit notamment des fraudes à la carte bleue (utilisation par autrui sans votre consentement), vente par petites annonces ou aux enchères d’objets volés ou encaissement de votre paiement sans livraison de votre marchandise, diffusion d’images pédophiles, de méthodes pour se suicider, de recettes d’explosifs ou d’injures raciales, diffusion auprès de vos enfants de photographies pornographiques ou violentes [9].
Selon Perrin Stéphanie [10] la cybercriminalité se caractérise par trois aspects :
Le nouveau crime consistant à pirater, s’introduire ou espionner les systèmes informatiques d’autres personnes ou organisations.
Les cas dans lesquels le crime est ancien mais le système est nouveau, comme dans le cas des tentatives d’escroquerie par internet. Les arnaques commerciales existent depuis toujours, les arnaques téléphoniques depuis des décennies, et nous avons aujourd’hui les arnaques par internet. Il en va de même pour la pornographie et le non-respect du copyright.
L’enquête, dans laquelle l’ordinateur sert de réservoir de preuves, indispensables pour que les poursuites engagées dans le cadre de n’importe quel crime aboutissent. Ce qui autrefois était consigné sur le papier a toutes les chances d’être aujourd’hui consigné sous forme numérique, et peut être détruit ou chiffré à distance [11].
Le second aspect est assurément le plus répandu en Côte d’Ivoire au point de faire l’objet de nombreux articles dans la presse locale et étrangère. Cette dernière, n’hésite plus à envoyer des reporters dans le pays pour remonter la filière de ces cybercriminels qui à partir d’Abidjan font énormément de victimes à travers le monde.
Depuis quelques mois, elles sont de plus en plus nombreuses les chaînes de télévision françaises et d’autres pays européens à diffuser des reportages sur les réseaux de cybercriminels en Côte d’Ivoire. Ils sont nombreux les ivoiriens vivant en France ou encore ceux qui à partir d’Abidjan ont accès aux médias français par le biais d’antennes paraboliques ou d’Internet à s’indigner de cette image très négative que ces reportages donnent de leur pays. En effet, Abidjan est aujourd’hui considérée comme une plaque tournante de la cybercriminalité en Afrique de l’ouest.

Pour l’élaboration de cet article nous nous sommes appuyé sur des témoignages de cybercriminels, de victimes, d’agents des forces de l’ordre chargées de lutter contre le fléau et du personnel de l’Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI) qui a fait de l’arrêt de la progression de ce phénomène son principal objectif pour les prochaines années. Bon nombre de ces témoignages ont été recueillis à travers les médias (télévision, presse écrite et Internet). Nous avons complété ce recueil d’informations par un entretien avec un représentant de la direction générale de l’ATCI.

Dans le cadre de l`émission « 66 minutes », un reportage diffusé sur la chaîne de télévision française M6 le mercredi 25 février 2008 à 20H40 écorne l’image de la Côte d’Ivoire à l’extérieur. Le sujet d`une trentaine de minutes, intitulé « Internet : les as de l`escroquerie » présente des Ivoiriens (mais aussi des ressortissants d`Afrique de l`Ouest) qui se livrent avec une dextérité déconcertante à de l`escroquerie à distance, sur des Européens et principalement des ressortissants français. Pour enquêter sur la question, des journalistes de la chaîne de télévision française se sont rendus à Abidjan courant janvier. Sur place, ceux-ci n`éprouvent aucune difficulté à obtenir des témoignages de faussaires, preuves à l`appui. Il faut dire que les reporters de M6 n’ont fait que remonter la piste des courriels reçus par les victimes françaises. Celle-ci mène directement à Abidjan. Le mode opératoire des cybercriminels est assez simple, ils contactent par courriers électroniques des centaines de personnes en leur inventant des histoires les plus invraisemblables sur fond d’argent en espérant que les personnes les plus naïves mordent à l’hameçon. Dans le panorama des inventions les plus habituelles de ces escrocs de Net on peut citer : l’argent d’un héritage bloqué dans une banque, un succès à une loterie à laquelle on a jamais participé, une demande d’amitié d’une personne inconnue en vue d’une éventuelle relation amoureuse, une demande d’aide d’une personne fictive rencontrée sur Internet, le règlement d’un achat effectué en ligne, etc.

Il ressort des témoignages des victimes (hommes et femmes) interrogées dans l’émission qu’elles ont été nombreuses à s’être fait arnaquer après avoir succombé au charme d’un correspondant virtuel. Dans l’écrasante majorité des cas les photos brandies sur Internet ne sont pas celles des correspondants. Le témoignage des victimes est assez édifiant. L’émission nous présente par exemple le cas d’une femme de 45 ans, divorcée, comptable de formation qui croyait naïvement avoir trouvé l’amour de sa vie sur le Web, un américain vivant en Afrique. En réalité ce n’était qu’un « cyberescroc » nigérian qui se cachait derrière ce personnage. Notre victime se verra soutirer d’importantes sommes d’argent avant de prendre conscience de l’arnaque. Tous les documents qui lui avaient été présentés avaient été si bien falsifiés qu’il lui était quasiment impossible de se rendre compte de la supercherie.

On a aussi des cas plus graves, dans cette même émission, le témoignage des parents d’un jeune français, victime d’une filière de « cybercrarnaqueurs » nigérians basée à Abidjan, permet de prendre encore plus la mesure de la capacité de nuisance de ces malfaiteurs. En effet, la victime avait été contactée par un courrier électronique dans lequel il était mentionné qu’un de ses parents éloignés l’invitait à retirer un héritage d’un montant extrêmement important déposé dans une banque ivoirienne. L’infortuné convaincu de l’existence de cette fortune imaginaire va s’endetter pour honorer les frais bancaires et honoraires d’huissier proportionnels au montant à percevoir, pour finalement se rendre compte qu’il s’agissait d’une arnaque. Criblé de dettes (près de 400.000 euros), il se retrouve en prison.

Outre les individus, les religions et les entreprises sont elles aussi victimes de ce phénomène. En effet, les cybercriminels n’hésitent plus à créer des sites Internet en se faisant passer pour des associations religieuses à la recherche de financement pour la construction d’édifices religieux tels que les mosquées et les églises. Ils prennent le soin d’expédier aux éventuels donateurs, des photos de vieux édifices religieux délabrés en demandant une aide financière en vue de leur réhabilitation ou des photos d’églises ou de mosquées en construction pour lesquels ils auraient besoin d’aide pour l’achèvement des travaux. Une fois l’argent expédié, ils attendent une période bien donnée, avant d’expédier une photo qui présente un autre édifice religieux flambant neuf, aux mêmes associations pour prouver leur bonne foi. Dans les entreprises selon l’ATCI de nombreuses plaintes sont formulées contre une nouvelle catégorie de cybercriminels qui à l’aide de photos falsifiées tentent d’extorquer de l’argent à de hauts responsables d’entreprises en les menaçant de publier des photos pouvant compromettre leur réputation sur le Web.

Depuis peu de temps, le « phishing » ou « l’hameçonnage », une autre catégorie d’escroquerie sur Internet qui désigne métaphoriquement le procédé criminel de vol d’identité par courriel a fait son apparition. Il s’agit d’« aller à la pêche de renseignements personnels dans un étang d’utilisateurs Internet sans méfiance [12]. Pour l’office québécois de la langue française, le hameçonnage peut être défini ainsi :

Envoi massif d’un faux courriel, apparemment authentique, utilisant l’identité d’une institution financière ou d’un site commercial connu, dans lequel on demande aux destinataires, sous différents prétextes, de mettre à jour leurs coordonnées bancaires ou personnelles, en cliquant sur un lien menant vers un faux site Web, copie conforme du site de l’institution ou de l’entreprise, où le pirate récupère ces informations, dans le but de les utiliser pour détourner des fonds à son avantage. [13]

Selon M6 [14] ce sont près de 4000 plaintes qui ont été recensées en 2008 par les autorités policières françaises contre les cybercriminels basés en Côte d’Ivoire. Cependant pour l’ATCI il n’ y a pas que les français à être victimes de ces escrocs des temps modernes. Les ivoiriens sont également eux-mêmes très nombreux à souffrir de ce phénomène. Les plaintes viennent également de tous les coins du monde : États Unis, pays du golfe, Madagascar, etc.

D’après l’agence de régulation des télécommunications en Côte d’Ivoire, la majorité de ces arnaqueurs est âgé de 12 à 25 ans, ils sont donc très jeunes pour la plupart et bon nombre d’entre eux sont élèves ou étudiants. Selon l’ATCI les premiers réseaux de cybercriminels sont arrivés du Nigeria. Ils fuyaient la répression orchestrée dans ce pays contre cette activité illicite. Cependant très vite on va assister à une contagion des jeunes ivoiriens au point que de nos jours la jeunesse estudiantine et scolaire s’adonne de plus en plus à cette pratique criminelle. On peut également relever que devenir « cyberescro » ou « cyberarnaqueur » n’est pas le seul danger auquel les jeunes usagers du Net sont confrontés dans les cybercafés ivoiriens, l’accès à des images pornographiques par les adolescents est également très courant, car les gérants de ces espaces n’ont pour seule préoccupation que leur recette journalière. Ces endroits sont donc devenus des zones sans interdit.

Les cybercriminels opérant sur le territoire ivoirien sont très nombreux à parler avec fierté de leur activité dans les médias nationaux et étrangers, quelques fois même à visage découvert comme s’ils n’avaient pas conscience de la gravité des actes qu’ils posent. Il ressort des témoignages des adeptes des escroqueries en lignes qu’Internet est devenu pour eux le moyen le plus aisé de se faire de l’argent sans trop d’effort. Ils sont nombreux à estimer que leurs victimes surtout lorsqu’elles sont françaises ou occidentales sont riches, ce qui leur fait penser que le fait de leur extorquer de l’argent n’est pas un délit si grave. C’est même quasiment un jeu passionnant. Une sorte de revanche des « petits africains » pauvres sur les riches occidentaux qui les méprisent. Une des victimes françaises dont l’histoire fut relatée dans la presse ivoirienne à même reçu ce message très évocateur : « Tu viens de rembourser le prix de la traite négrière que vos ancêtres nous ont infligée [15 »

2. Conséquences de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire

La cybercriminalité est devenue en Côte d’Ivoire, en l’espace de quelques années, un véritable problème de société. Après le début de l’intégration de l’Internet au milieu des années 1990 dans la société ivoirienne, marquée entre autres par une sorte de fascination surtout au niveau de la jeunesse et la multiplication des cybercafés, l’heure est maintenant au désenchantement, voire à la crainte. En effet, l’usage des TIC encouragé par les autorités politiques au point de créer un ministère spécialement dédié au développement des NTIC, connaît assurément des déviations dangereuses. Cependant, avant de nous appesantir sur les conséquences de ce détournement de l’usage des nouvelles technologies, il nous semble important de nous attarder quelque peu sur la notion d’usage.

Comme l’écrivent Philippe BRETON et Serges PROULX, selon les contextes d’analyse et les cadres théoriques mobilisés, la notion d’usage, qui est par ailleurs assez complexe, renvoie à un continuum de définitions, allant du pôle de la simple « adoption » (achat, consommation, expression d’une demande sociale en regard d’une offre industrielle) au pôle de l’ « appropriation » [16]. Concernant ce dernier cas, ils considèrent qu’on peut parler d’ « appropriation » lorsque trois conditions sociales sont réunies :

Il s’agit pour l’usager, premièrement, de démontrer un minimum de maîtrise technique et cognitive de l’objet technique. En deuxième lieu, cette maîtrise devra s’intégrer de manière significative et créatrice aux pratiques quotidiennes de l’usage. Troisièmement, l’appropriation ouvre vers des possibilités de détournements, de contournements, de réinventions ou même de participation directe des usagers à la conception des innovations [17].

Les usages d’Internet détournés à des fins d’escroquerie par une certaine catégorie d’usagers en Côte d’Ivoire sont assurément la conséquence du développement de la cyberescroquerie. L’ampleur de ce phénomène comme nous l’avons relevé tantôt à des conséquences extrêmement néfastes pour la Côte d’Ivoire et son économie. En effet, selon nous ce phénomène de la cybercriminalité pose au moins trois grands problèmes : le premier concerne l’image du pays et des citoyens ivoiriens à l’extérieur qui ne cesse de se dégrader ; ce qui est la conséquence du second problème que nous souhaitons aborder, à savoir les difficultés d’ordre économique ; car les entreprises et les hommes d’affaires ivoiriens victimes de cette triste image éprouvent d’énormes difficultés à profiter des avantages du cyberespace dans leurs activités avec des partenaires étrangers et enfin nous avons un troisième problème d’ordre éducationnelle en raison de la jeunesse de ces cybercriminels.

2.1 Cybercriminalité et l’image de la Côte d’Ivoire à l’extérieur

La Côte d’Ivoire et les ivoiriens sont devenus eux aussi des victimes de la cybercriminalité, car de nos jours, avec l’amplification de ce phénomène l’image du pays déjà relativement peu reluisante depuis la crise politico-militaire qu’il a connu de septembre 2002 à mars 2007 [18], est davantage écorchée. Les nombreux reportages des médias étrangers sur l’ampleur de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire ne sont pas faits pour l’améliorer. Il circule même sur Internet un « guide contre les escroqueries de la Côte d’Ivoire » [19]. Les menaces de certains pays de la sous région ouest africaines d’interdire l’accès à leur sites aux internautes naviguant depuis la Côte d’Ivoire [20] confirment s’il en est encore besoin cette image dégradante que ce phénomène donne de ce pays. Les ivoiriens vivant à l’étranger qui dénoncent cette situation, sont nombreux à souffrir de cette image si négative que ce détournement de l’usage d’Internet donne de leur pays et de leur concitoyens. Cette situation inévitablement a des répercussions sur la bonne marche de l’économie ivoirienne.

2.2 Cybercriminalité et l’économie ivoirienne

Les hommes d’affaires ivoiriens sont nombreux à souffrir des conséquences du développement de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire, de nombreux témoignages dans les médias ivoiriens l’attestent. Il devient quasiment impossible pour eux de faire des affaires avec des opérateurs économiques étrangers sur le Net. En effet, à l’évocation de leur lieu de résidence leurs correspondants préfèrent rompre tout contact, certains ont même été victime de propos injurieux [21]. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui, par la faute des cybercriminels, un pays à haut risque. Fiché par les autorités européennes, ce pays n’est plus fiable, et est inscrit sur la liste rouge des pays à ne plus fréquenter « électroniquement ». Selon Didier Kla [22], une fatwa [23] à l’échelle mondiale est même lancée pour interdire des achats en ligne à partir de ce pays. En des termes clairs, dès lors que vous êtes repéré comme étant un ressortissant ivoirien, désireux de faire des achats en Europe à partir de la Côte d’Ivoire, le vendeur vous ferme automatiquement ses portes. Il affirme que de nombreuses plaintes sont déposées contre la Côte d’Ivoire à travers l’Europe, et que ce pays risque non seulement une exclusion du cyber- espace dans les prochaines années, mais également une exclusion à tout moment du commerce international » [24]. Outre les pays européens, le gouvernement indien a lui aussi mis en garde ses ressortissants contre les agissements d’escrocs basés en « Afrique de l’ouest » et qui arnaquent les ressortissants indiens. Le bureau d’information du gouvernement indien dresse une liste de sept pays ouest africains dont la Côte d’Ivoire à partir desquels agissent ces escrocs [25]. Selon Abraham DJEKOU [26] les premières entreprises victimes de ce phénomène sont les fournisseurs d’accès Internet (FAI) de Côte d’Ivoire, car en raison des nombreuses plaintes, elles sont « black listées ». Autrement dit lorsque leurs adresses IP sont reconnues sur certains sites, les transactions sont bloquées. Comme on peut le constater, les conséquences de la cybercriminalité sur l’économie ivoirienne sont désastreuses. Cependant, hormis les chefs d’entreprises une autre catégorie d’ivoiriens est également victime de l’expansion de ce phénomène : la jeunesse ivoirienne.

2.3 Cybercriminalité et la jeunesse ivoirienne

La jeunesse des cybercriminels ou plutôt cyberarnaqueurs opérant en Côte d’Ivoire est très inquiétante et interpelle incontestablement toute la société ivoirienne. En effet, cette montée de la cybercriminalité dans cette catégorie de la population traduit sans aucun doute un malaise social. Cette jeunesse ivoirienne incontestablement semble manquer de modèles de qualité. En effet, dans une société ou l’appât du gain facile semble devenir une norme, où le respect de l’individu est de plus en plus conditionné aux moyens financiers et matériels dont il dispose, cette jeunesse semble avoir trouvé dans le cyberespace un moyen de jouer sa partition.

Si l’on se fie aux nombreux témoignages de ces jeunes escrocs du Net, un phénomène culturel serait à la base de l’explosion de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire : l’apparition du coupé-décalé [27]. En argot ivoirien, « couper » signifie tricher, voler ou arnaquer, et « décaler » partir ou s’enfuir, donc couper-décaler peut se comprendre comme arnaquer quelqu’un et s’enfuir. Les nombreuses chansons générées au début de l’apparition de cette danse mettaient souvent en évidence des individus qui avaient réussi à faire fortune en occident par ce moyen. Les personnes escroquées étaient en général des français ou des européens. Le coupé-décalé va connaître un succès populaire et médiatique exceptionnel en Côte d’Ivoire et dans toute l’Afrique francophone. Les médias ivoiriens ont joué un rôle important dans le succès de cette danse aujourd’hui assimilée à un courant musical. Sur scène les artistes n’hésitaient pas à vider leurs poches pour distribuer des billets de banque au public, les chansons étaient en général l’occasion de faire l’apologie de la richesse, des marques vestimentaires les plus chères. Les clips vidéo seront l’occasion de faire étalage des plus beaux bijoux, des voitures de luxe.

Les inventeurs de cette danse étaient en général des anciens escrocs. Issues de la diaspora ivoirienne en France, nombre d’entre eux se sont enrichis de façon illégale à travers des vols de voitures, l’utilisation de carte de crédit volées dans les supermarchés, etc. ; l’avènement d’Internet va leur permettre d’innover, c’est ainsi qu’en dérobant des numéros de carte bancaire de clients grâce à des complices dans les commerces ils effectuaient des achats en ligne. Ce phénomène criminel va prendre de l’ampleur avec la médiatisation du coupé-décalé. Certains jeunes ivoiriens vont décider de faire comme ces individus qui grâce à leur maîtrise des TIC ont fait fortune.

La découverte de ce nouveau moyen moderne de gagner de l’argent a pour corollaire la perte de valeurs indispensables pour le développement de ce pays tel que le goût de l’effort, l’intégrité morale, le respect de l’individu pour ce qu’il représente et non pour ce qu’il possède, etc. une partie de cette jeunesse en mal de repères s’est inventée des modèles qui malheureusement ne peuvent la conduire qu’à sa perte.

C’est en cela qu’on peut être surpris de l’inaction de l’État ivoirien qui aura laissé les adeptes de ce courant musical, véhiculant ces messages tendancieux agir, sans la moindre réaction pendant plusieurs années. La crise politico-militaire que ce pays a connu durant la dernière décennie peut elle à elle seule justifier cette inertie ?

3. La stratégie de lutte de l’ATCI contre la cybercriminalité

L’agence de régulation des télécommunications (ATCI), devant l’ampleur du désastre que constitue le développement du phénomène de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire, occupe depuis quelques années le vide laissé par l’État. En effet, faisant suite aux nombreuses plaintes des fournisseurs d’accès Internet (FAI), cette agence va donc tirer sur la sonnette d’alarme, afin de sensibiliser les dirigeants politiques ivoiriens et la population sur la nécessité d’arrêter la progression de la cybercriminalité dans ce pays. Pour arriver à ses fins, l’ATCI va mettre en place un programme d’actions pour la cybersécurité reposant sur cinq piliers.

Le premier pilier sera la sensibilisation. En effet, cette organisme à partir de l’année 2008 va organiser plusieurs manifestations (séminaires, forums et conférences) sur le sujet de la cybersécurité afin d’emmener les autorités politiques et la population ivoirienne à prendre conscience de la nécessité d’un cyberespace sécurisé. Le premier grand évènement organisé sur le sujet par cette agence a été le forum national sur la cybersécurité. Dans le prolongement de ce forum une conférence régionale africaine sur la cybersécurité a été organisée par l’ATCI du 18 au 20 novembre 2008 à Yamoussoukro en partenariat avec l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et l’Union africaine (UA). Cette conférence va permettre de valider et d’entériner le plan de Yamoussoukro sur la cybersécurité comprenant quatre axes stratégiques accompagnés d’une série d’actions prioritaires. Ces axes stratégiques sont [28] :

- Le développement des capacités humaines (éducation et formation) ;

- la création d’un environnement favorable (cadres juridiques, réglementaires, politiques et de plaidoyer) ;

- la sensibilisation (renforcement de la confiance, de la sécurité et des directives) ;

- les problèmes mondiaux (le partage de l’information et l’initiative de coopération).

En outre, l’ATCI a pris une part active dans l’organisation des journées nationales des technologies de l’information et de la communication (JNTIC) qui ont eu lieu du 19 au 22 mai 2009 avec pour thème : « la protection des enfants dans le cyberespace ». Ces journées ont constitué une plateforme d’échanges sur les dangers que peut représenter, dans certaines conditions d’utilisation, le réseau Internet pour les enfants.

La réglementation est le second pilier de la stratégie de l’ATCI. L’agence a participé à la mise en place d’une équipe pour proposer une stratégie nationale de cybersécurité et un texte de loi contre la cybercriminalité en collaboration avec la police nationale, la société civile, les fournisseurs d’accès Internet et le ministère de tutelle. Le travail technique a été réalisé et l’organisme est dans l’attente de la réaction de l’État qui doit jouer sa partition. On peut relever au titre de la stratégie que l’ATCI souhaite entre autres l’identification géographique de tous les cybercafés existant sur le territoire ivoirien et à terme l’identification de tous les clients des cybercafés par un contrôle d’identité. Une telle décision relève du ministère de la sécurité. Une opération similaire est déjà en cours pour l’achat des puces de téléphones portables depuis le premier janvier 2009. Depuis le premier juillet de la même année et ce jusqu’au 31 décembre 2010 tous les détenteurs de puces de téléphones cellulaires sont priés de se faire identifier auprès de leur opérateur mobile [29]. L’écriture d’un projet de loi se fonde sur le fait qu’hormis les délits ordinaires (l’escroquerie) de nouveaux délits font progressivement leur apparition en Côte d’Ivoire (propagation de virus, vol de fichiers, etc.). Il est donc nécessaire de se mettre à jour au niveau de la législation.

Le troisième pilier de l’action de l’ATCI est d’ordre organisationnel, elle a mis en place en son sein une équipe de veille technologique qui travaille en permanence et qui a pour rôle de relever toutes les menaces et de lutter contre les intrusions de virus sur le réseau.

Le quatrième pilier concerne la formation, en effet l’ATCI organise régulièrement des formations pour les administrateurs et les techniciens de réseaux afin qu’ils soient en mesure de lutter contre toutes les nouvelles menaces. Elle finance des formations organisées par des institutions internationales pour ces techniciens.

Enfin le dernier pilier de l’action de cet organisme est la coopération internationale car du fait du caractère transnational de l’Internet, la lutte contre la cybercriminalité ne peut se faire de façon isolée. L’ATCI participe donc à de nombreuses réunions et rencontres à travers le monde pour échanger sur le sujet et définir des stratégies communes de lutte contre la cybercriminalité avec des partenaires extérieurs.

Même si l’initiative de l’ATCI en terme de sensibilisation semble porter ses fruits auprès des autorités politiques ivoiriennes qui lui ont demandé de leur proposer une batterie de mesures pour endiguer le phénomène, l’agence reste dans l’attente d’une orientation claire en terme de feuille de route de la part du gouvernement ivoirien. De même, elle est toujours dans l’attente que le législateur ivoirien dote le pays d’un cadre législatif approprié.

La question de la cybersécurité doit être avant tout la préoccupation de l’État de Côte d’Ivoire. En effet, comme le caractérise la formule de Raymond CARRÉ DE MALBERG [30] :

L’État est une communauté, fixée sur un territoire propre et possédant une organisation d’où résulte pour le groupe envisagé dans des rapports avec ses membres une puissance suprême d’action, de commandement et de coercition [31].

Il correspond à un mode d’organisation sociale territorialement défini et à un ensemble d’institutions caractérisées par la détention du monopole de l’édiction de la règle de droit et de l’emploi de la force publique. Les institutions étatiques se caractérisent avant tout par l’exercice de fonctions dites régaliennes : au plan national, ces fonctions concernent l’édiction des normes (législation, règlementation) et la sanction de ceux qui refusent de s’y conformer par le biais de la justice et de la police. Au plan international, elles concernent la diplomatie et l’armée. Son champ d’intervention s’est étendu dans de nombreux domaines où existe un intérêt général qui ne peut être satisfait par les particuliers tels que l’éducation, la santé, la culture, la recherche [32] , ….

Conclusion

En définitive, les problèmes de criminalité et d’insécurité sont aussi vieux que l’humanité et s’adaptent à l’évolution de la société, avec les technologies de l’information et de la communication on assiste juste à une modernisation des méthodes, cependant les mêmes maux demeurent à savoir le vol, les arnaques, la pédophilie, ... Les institutions étatiques ivoiriennes comme pour les anciennes formes de délits doivent donc exercer leurs fonctions régaliennes. L’ATCI dont la principale raison d’existence est la régulation des télécommunications n’aurait certainement pas eu l’obligation de se trouver en première ligne dans cette guerre pour la sécurisation du cyberespace en Côte d’Ivoire si ces institutions jouaient le rôle qui leur est dévolu. La crainte ou le désenchantement que génère le développement de l’usage des TIC dans la population est le résultat de la non anticipation des problèmes de sécurité, et pourtant le développement de l’usage des TIC reste un enjeu important pour le pays à l’ère de la mondialisation. Participer à la nouvelle société de l’information est pour les pays africains un enjeu à la fois social, culturel, économique et politique. La nécessité de rompre l’isolement et de développer des synergies par le biais du travail collaboratif, de rénover le système de santé et d’enseignement, ou encore de s’inscrire dans les nouveaux courants d’échanges internationaux aux contenus et aux supports de plus en plus virtuels justifie pleinement cette ambition.


Références

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http://halshs.archives-ouvertes.fr/...

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Notes

[1] Union internationale des télécommunications.
[2] UIT, L’Afrique, marché où le mobile connaît la plus forte croissance au monde. La technologie du mobile est-elle la clé de l’accès aux TIC en Afrique ?, Communiqué de presse. Genève, le 26 avril 2004. http://www.itu.int/newsarchive/pres...
[3] CHENEAU-LOQUAY, A., Enjeux des technologies de la communication en Afrique, Paris, Éditions Karthala, 2000, p. 12. (Ouvrage collectif).
[4] Nouvelles technologies de l’information et de la communication
[5] Organisme chargé de la régulation du secteur des télécommunications en Côte d’Ivoire.
[6] Groupe des sept pays les plus industrialisés au monde + la Russie. Il est composé de l’Allemagne, le Canada, les États-unis, la France, la Grande Bretagne, l’Italie, le Japon et la Russie.
[7] Perrin S., « Cybercriminalité », Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information, C & F Éditions, 5 novembre 2005. http://vecam.org/article657.html
[8]
http://www.interieur.gouv.fr/sectio...
[9] Idem.
[10] Consultante spécialisée en matière de vie privée et politique d’information. Coordinatrice de la recherche pour le projet « Anonymity » à l’université d’Ottawa. Elle est également membre de l’Electronic Privacy Information Centre (EPIC) de Washington et travaille avec d’autres organismes internationaux au Canada et dans le monde.
[11] Perrin S., Opp. Cit. http://vecam.org/article657.html
[12] SERRES D. et CLUZEAU A. La Cybercriminalité nouveaux enjeux de la protection des données. http://www.memoireonline.com/04/09/....
[13] Idem.
[14] 66 MINUTES, « Internet : les as de l’escroquerie », M6, le 25 février 2009.
[15] DOUMBIA Y. « La mafia de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire. Qui sont-ils ? Comment opèrent-ils ? » L’inter, jeudi 15 mai 2008. http://www.linter-ci.com/article.ph...
[16] BRETON P., PROULX S., L’explosion de la communication : Introduction aux théories et aux pratiques de la communication, éditions du Boréal, Montréal / éditions La découverte, Paris, 2002, p. 255.
[17] Idem, pp. 255- 256.
[18] Le 19 septembre 2002 une tentative de coup d’État échouée se transforme en rébellion. Cette situation aura pour corollaire la partition du pays en deux jusqu’à la signature d’un accord de paix à Ouagadougou (Burkina Faso) le 4 mars 2007.
[19] http://www.youtube.com/watch?v=fUK_...
[20] REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE, Conférence africaine sur la cybercriminalité, Abidjan le du 17 au 20 octobre 2008 (Dossier de presse réalisé par GOORE-BI HUE). http://www.afcybersec.org/rapports/...
[21] DOUMBIA Y. Opp. Cit. http://www.linter-ci.com/article.ph...
[22] Président de l’Internet society- Côte d’Ivoire (ISOC-CI). http://www.isoc.ci/
[23] Avis juridique prononcé par un mufti, un ouléma ou un faqîh dans la religion musulmane. http://www.portail-religion.com/FR/...
[24] DOUMBIA Y. Opp. Cit. http://www.linter-ci.com/article.ph...
[25] Ouestafnews, « Cybercriminalité : Nigeria, Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina, Ghana, Bénin, Togo « fichés » par les Indiens », http://www.ouestaf.com/Cybercrimina...
[26] Conseiller technique chargé des NTIC à l’ATCI
[27] Danse apparue en 2003 en Côte d’Ivoire et dans la communauté ivoirienne vivant en France notamment dans les milieux ivoiriens de Paris.
[28] RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, Plan de Yamoussoukro sur la cybersécurité, Conférence Africaine sur la cybersécurité du 18 au 20 novembre 2008 à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire). http://www.afcybersec.org/rapports/...
[29] http://www.atci.ci/pages/pdf/ident.pdf
[30] Raymond CARRÉ DE MALBERG (1861-1935) est un juriste positiviste. Il est né le 1er novembre 1861 à Strasbourg. Il obtient l’agrégation de droit en 1890 puis enseigna à Caen, Nancy et enfin à Strasbourg
[31] LASCOMBE M. Le droit constitutionnel de V eme république, Paris : éditions l’harmattan, neuvième édition, 2005, P. 267.
[32] LA DOCUMENTATION FRANÇAISE 2008,
http://www.vie-publique.fr/decouver...

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