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Les Systèmes d’Information populaires au Sénégal

Usages citoyens et gouvernance locale

Moustapha MBENGUE - 18 décembre 2008

Cette étude a été réalisée par l’auteur en 2004 sur les Système d’information populaire (SIP) dans le cadre d’un DEA de l’université de Paris 8.

La problématique

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L’avènement de la société de l’information est fortement lié au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication NTIC, dont le 1e Sommet de Genève plus connu sous le nom de SMSI a fait l’écho en décembre 2003. Le développement des TIC dans les années 90 et celui de l’Internet en particulier a été fortement motivé par des politiques qui visent à encourager l’essor de l’investissement privé et à faire de l’Internet « un espace de libre échange ». Il faut aussi trouver entre autres causes du développement des TIC l’investissement d’une forte collectivité d’internautes qui prônent des idéologies de progrès, de bien-être, d’échange, de transparence, d’égalité et de justice. Leurs actions consistent à diversifier et à valoriser les usages citoyens de l’Internet.

La production et la diffusion d’une information fiable au sein d’une administration municipale représentent un enjeu important dans la gestion des différents services de l’administration. C’est aussi là un moyen d’améliorer la qualité du service que la ville offre à ses citoyens. Si l’administration en ligne aide à renouveler les formes de participation des populations à la gestion des collectivités, des systèmes d’information géographique, des outils de gestion des recettes, des stocks et de la paie, participent également à la modernisation des services publics.

Quel rôle peut jouer l’Internet dans la gestion des collectivités locales au Sénégal ? Comment mettre les NTIC au service du développement communautaire ? Les NTIC peuvent-elles favoriser une gestion plus transparente et plus fiable des affaires publiques à une échelle locale ? Comment mettre les NTIC au service de la bonne gouvernance ?

Certains modèles de d’appropriation des TIC essaient d’apporter des réponse à ses questions. C’est le cas des Systèmes d’information Populaires au Sénégal. La bonne gouvernance est un paradigme fort prisé des discours réformateurs en Afrique. Bien des Etats africains font de ce vocable le terreau de leurs programmes de développement soumis au institutions internationales et autres bailleurs de fond. La bonne gouvernance en Afrique est souvent synonyme de décentralisation et le Sénégal ne fait pas exception à cette règle.

En effet, le processus de décentralisation au Sénégal a abouti à la naissance de quatre cent quarante et une (441) collectivités locales, dont trois cent vingt (320) communautés rurales, cent dix (110) communes (dont 43 communes d’arrondissement à Dakar) et onze (11) régions.

Cette décentralisation des institutions a comme corollaire un transfert de compétences dans plusieurs secteurs tels que la santé, l’éducation, l’environnement, les problèmes de population, l’action sociale etc.

Dans ce contexte de décentralisation, les élus locaux et les collectivités locales ont grandement besoin d’informations pour :

- comprendre les enjeux qui structurent leurs nouvelles responsabilités,
- construire des politiques sociales sur la base d’indicateurs pertinents,
- élaborer des plates-formes consensuelles incluant tous les acteurs au niveau local, en s’appuyant notamment sur les ressources qu’offrent aujourd’hui les technologies de l’information et de la communication.

Vue la diversité des enjeux liés aux TIC, il est indispensable que les communautés s’insèrent dans la société de l’information de façon dynamique, en qualité d’acteurs capables d’innover et de mettre les avancées technologiques au service du développement communautaire et de l’expression de la volonté citoyenne collective. L’application des TIC en appui à la bonne gouvernance se justifie par la nécessité de mettre en œuvre des procédures transparentes afin d’améliorer les relations entre les élus locaux et les populations.

Les objectifs

Cette étude permet de mesurer la contribution des usages citoyens de l’internet à la gouvernance locale et au développement communautaire à travers des initiatives populaires, les SIP. Elle vise plus spécifiquement à :

- Donner un aperçu des systèmes d’information traditionnels et modernes au Sénégal.
- Analyser une expérience populaire sénégalaise basée sur les NTIC, en ressortir les mérites et les limites pour inciter d’autres communautés à mettre en place des systèmes de communication locaux.
- Apporter une contribution à la réflexion éthique sur les enjeux sociaux de l’Internet particulièrement leurs usages citoyens.

Les hypothèses de recherche

1. l’existence d’un usage effectif de l’Internet au service de la gouvernance locale au Sénégal

2. L’Internet peut-il contribuer au développement communautaire ?

3. L’Internet est-il un nouvel espace d’expression de la citoyenneté en Afrique (voire une nouvelle façon d’être citoyen).

Le champs de l’étude Notre étude portera essentiellement sur le cas du Sénégal. Cependant nous ne manquerons pas de citer en exemple les expériences qui se développent ailleurs en Afrique et même dans le monde. Une telle démarche participe de notre volonté de montrer que la forme d’appropriation des TIC chez les communautés dépend fortement de l’environnement social, sociétal, économique et culturel des communautés. De ce point de vue, notre travail n’a pas la prétention d’apporter une solution miracle aux problèmes de la démocratie et du développement en Afrique, il permet, à la lumière du diagnostic, de tirer la sonnette d’alarme et de proposer des améliorations.

La méthodologie

Pour disposer d’indicateurs fiables sur la contribution des SIP au développement communautaire nous avons participé à une étude intitulée MARP (Méthode Accélérée de Recherche Participative). Cette Etude a été réalisée conjointement avec l’administration des SIP .

Nous avons par la suite procédé à une analyse de l’ensemble des sites web (20) mis en place dans le cadre des SIP. Ceci avait pour objectif de mesurer la part de l’information et des pratiques citoyennes dans les sites web analysés. Pour disposer d’indicateurs en vue de réaliser un travail d’analyse nous avons pour ce qui concerne les usages citoyens de l’Internet dans les SIP, utilisé les résultats d’enquêtes menées dans le cadre de la MARP.

Cette étude est réalisée entre le mois de juillet 2003 et janvier 2004. Les associations gestionnaires des SIP ont mené chacune une étude MARP à un niveau local après une formation de deux semaine au niveau du SIP pilote. Elles ont essayé d’appréhender la perception et les préoccupations des populations locales par rapport aux services fournis par le SIP dans le cadre de l’appui à la bonne gouvernance et au développement local. Les trois cibles enquêtées sont les élus locaux, la société civile (Associations, OCB) et la communauté scolaire. Chaque équipe locale a procédé à la restitution des résultats au sein de sa collectivité. Au total 10.152 réponses ont été recueillies auprès des 20 collectivités locales.

Nous avons également effectué des visites et réalisé des interviews au niveau des différents SIP sur les usages concrets des services fournis, la perception des populations et agents des SIP.

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Rapport complet
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TIC & développement - ISSN 2105-1070 - http://www.tic.ird.fr